lundi 5 mars 2012

L’échec du système Luis Enrique


Cet été, beaucoup de choses ont changé à Rome.
Après plusieurs années de rumeurs et d'affabulations, le club a enfin été vendu.
Exit la famille Sensi, départ de nombreux joueurs, et arrivée de celui que l'on présentait comme le nouveau Guardiola, Luis Enrique.

Un profil attractif

Je ne fais pas ici allusion à son fameux nez cassé, mais bien à son parcours dans le football.
En tant que joueur, Luis Enrique a été un pion majeur du Barça après avoir passé 5 saisons au Real. En 2008, il est nommé entraîneur de la réserve Blaugrana, qu'il réussit à ramener à la 3ème place de la seconde division Espagnole. Il met en place une philosophie de jeu similaire à celle de Guardiola, basée sur la possession de balle et des joueurs occuppant des roles plus que des postes précis. Grand formateur, il participe à l'éclosion de nombreux talents, aujourd'hui en équipe A.
Tenté par une expérience dans un autre cadre en 2011, il rejoint la Roma l'été dernier, les nouveaux propriétaires le préférant, notamment à Didier Deschamps. Un choix surprenant vu l'inexpérience du Monsieur, et son absence totale de passé dans un club de première division.
Malgré tout, on se remet à espérer le retour du beau jeu, disparu avec Spalletti il y a trop longtemps. On promet une équipe attractive, avec un jeu offensif, et du spectacle. Tout ce qu'il faut pour réussir à Rome.


A peine débarqué, Luis Enrique veut imposer son point de vue. En tour préliminaire de coupe d'Europe, alors qu'il a perdu à Bratislava face au Slovan, il sort Totti à 30 minutes de la fin du match retour pour le remplacer par Okaka, et la Roma terminera sur un piteux match nul qui l'éliminera des compétitions Européennes. Il Capitano n'est pas content et le fait savoir, et un premier conflit oppose les deux hommes, conflit qui ne trouvera sa résolution -officielle- qu'après de nombreuses interventions de différents membres du club.
En conférence de presse, il montre tout son caractère. Entêté, sur de lui, il n'accepte pas les critiques (souvent injustifiées à cette période), et ses échanges avec les journalistes Italiens sont souvent savoureux.

Des débuts difficiles

Sur le terrain, il veut appliquer les mêmes principes qu'au Barça. Il souhaite développer un jeu offensif, basé sur la possession de balle, avec des latéraux très offensifs.
Le recrutement du club est construit là-dessus, on fait venir des milieux à l'aise avec le ballon (Gago, Pjanic), et des avant techniques et explosifs (Borini, Lamela). Notons aussi la venue de Bojan, arrivé dans les bagages du coach, et sur qui il compte s'appuyer pour mettre en place son système.
Seulement, derrière, seuls Heinze et Kjaer arrivent alors que Mexes est parti et Burdisso gravement blessé, et l'effectif ne compte que deux latéraux valides, José Angel et Rosi, puisque Luis Enrique comptait étrangement sur un Cicinho pourtant tout le temps blessé.
Clairement, l'effectif est déséquilibré. Cela semble ne pas gêner le technicien Asturien, qui met en place sa tactique, dans un système ou les joueurs paraissent au départ complètement perdus.
Le pauvre Osvaldo est introuvable durant les trois premiers matchs, et erre comme un perdu sur le coté gauche de l'attaque. José Angel montre rapidement sa faiblesse tactique, exploitée immédiatement par les adversaires et Bojan manque plus d'occasions que Bakayoko et Lamine Sakho à leur heure de gloire. La Roma joue très haut, avec une ligne arrière très lente. Les contre-attaques fusent et le jeu est très prévisible. Logiquement, le début de saison est poussif, mais on se doutait que tout n'allait pas arriver du jour au lendemain.

Avec le retour de Gago, blessé au départ de la saison, la Roma semble retrouver un peu d'entrain. De Rossi est plus libre, moins collé à ses défenseurs, et peut organiser la relance. Menée par Totti et Pjanic, la Louve obtient quelques bons résultats, et propose, par phase, du jeu attractif. On assiste à l'émergence d'un Taddei au poste d'arrière latéral, et à l'arrivée en douceur de Lamela, présenté comme la nouvelle merveille du football Argentin à son arrivée.
Comme Luis Enrique le veut, la Roma a la balle, beaucoup, allant parfois jusqu'à 70% de possession, mais le jeu reste au final très stérile.
L'équipe reste inconstante, et est sujette aux sautes de concentrations et erreurs individuelles, notamment de Kjaer. Clairement, les défenseurs centraux sont trop souvent pris à défaut sur les contre-attaques. Logique, puisque le coach leur demande de jouer haut.
Pris en grippe par certains supporters, Luis Enrique se borne à son système.
Convaincu du bien-fondé de ses idées, il n'en change jamais, pas même en cours de match, et maintient sa confiance à sa tactique, même lorsque l'équipe se retrouve en infériorité numérique, situation bien trop fréquente (déjà 8 expulsions depuis le début de la saison...).
La discipline, revenons-y. Principe de base de Luis Enrique, elle semble pourtant faire défaut à un effectif que l'on jurerait à bout de nerfs. Outre les expulsions, le jet de maillot de Bojan, ou encore la bagarre Osvaldo-Lamela semblent témoigner d'un climat tendu dans le vestiaire Romain.

Luis Enrique, l'Homme qui n'utilisait qu'un seul système de jeu

L'Espagnol veut imposer son schéma, et ne veut en aucun cas en changer, quel que soit l'adversaire, et quels que soient les joueurs à sa disposition.
Seulement, dans un championnat aussi tactique que la Serie A, c'est du suicide. N'ayant pas les joueurs qu'il faut pour appliquer son système à la perfection, il se retrouve criblé de défauts.
Dès qu'il manque un cadre, l'équipe sombre. Les victoires sans De Rossi sont très rares, et l'animation offensive est proportionnelle au rayonnement de Totti.
Après une mauvaise série ponctuée par une défaite mémorable face à la Fiorentina, Luis Enrique commence à être critiqué, et il craque complètement en interview lorsqu' Ancelotti (alors libre de tout contrat) déclare qu'il entraînera un jour à Rome.

Arrive alors le match face à l'Inter de Ranieri, ancien coach Romain. Les Milanais reviennent bien, et l'on s'attend à un gros match. Seulement, la Roma écrase ses adversaires, leur infligeant un cinglant 4-0, première victoire à domicile face à un "gros" cette saison.
On se remet à rêver, à croire en la possibilité de réussite du projet. Luis Enrique évoque la possibilité d'accrocher la troisième place. Surtout, il s'offre du temps, et du calme pour travailler. Il peut sereinement continuer avec ses idées. 
Seulement, l'équipe continue avec son inconstance, en allant perdre à Sienne par exemple.

L'application des règles au détriment du résultat

Alors qu'un tournant face à l'Atalanta se profile, il décide de se passer de De Rossi, en retard de moins de 5 minutes à une réunion d'avant-match. Selon le règlement de l'équipe, l'international Italein, figure du club, doit être suspendu.A Bergame, c'est depuis les tribunes que "Le capitaine du futur" assiste à la déroute de son équipe.
Le match est un désastre, la Roma prend l'eau de toute part, et le coach adverse se permet de dire que c'est l'équipe la plus facile à contrer tactiquement de l'ensemble de la Serie A.
La polémique sur la non-sélection de De Rossi enfle (alors que Kjaer était aussi en tribune), et à une semaine du derby, la situation est problématique.
La Lazio est mieux classée, encore en course en Europa League, mais subit une crise suite à la 65ème fausse démission de la saison de son coach.
On se dit que Luis Enrique va s'adapter quelque peu, jouer plus bas, mais non.
Résultat, dès le début du match, suite à un mauvais alignement, les Laziale partent dans le dos de la défense Romaine, Stekelenburg provoque un penalty et est exclu. Le match est fini.
Pour la seconde fois de la saison, la Roma perd le derby, et se retrouve à 10 points de la Ligue des Champions. Les dirigeants effectuent les traditionnelles sorties dans la presse réaffirmant leur confiance dans leur coach, mais il est difficile de croire encore dans ce projet.

Incapable d'ajuster ses plans à l'adversaire, ni même à ses joueurs, Luis Enrique a atteint le point de non-retour. A Rome, une saison peut être sauvée à travers les derbys. Cette année, la Louve a perdu les deux, et va regarder la prochaine Ligue des Champions à la télévision.
On promet une amélioration, on rappelle sans cesse que c'est un projet à long terme, mais voila, la réalité ne plaide pas en faveur du coach Espagnol.


Des chiffres sans appel

Alors qu'il prône une philosophie basée sur le jeu, la Roma inscrit 37% de ses buts sur coups de pied arrêtés. Étonnant, mais logique quand on regarde plus précisément les matchs, ou la Louve a bien du mal à se créer des occasions. Manque de déplacement, manque de liant, et mouvements trop prévisibles pour mettre à mal les défenses adverses regroupées, voila une explication des faibles performances offensives (seulement 1,5 buts par match).
Un problème physique semble aussi se révéler, puisque les Romains ont encaissés deux tiers de leurs buts en seconde période. Finalement, cela semble assez logique vu la quantité d'effort demandée par le système Enrique.

Ajoutez à ça l'âge de la défense (Juan et Heinze n'étant plus tout jeune), et vous comprenez rapidement qu'un système aussi exigeant avec vos défenseurs centraux n'est pas tenable sur la durée. Résultat, la Roma encaisse 1.3 buts par match, et dans la première partie de tableau, seul un Inter complètement déliquescent fait moins bien.
Pour couronner le tout, dans un championnat ou la tactique est prépondérante, la Roma, incapable de se réinventer en cours de match, a déjà abandonné 15 points à domicile, souvent contre des adversaires regroupés qui attendent et contrent avec succès.
Que le système ne soit pas à son efficacité optimale dès son application n'est pas un drame en soi, ce qui est bien plus gênant, c'est le manque de progrès de l'équipe, qui perdait déjà en se faisant contrer lors de la deuxième journée (la première disputée cette saison) face à Cagliari.
Certes, habitué à travailler avec les jeunes, Luis Enrique a favorisé l'émergence de Borini en n'hésitant pas à lui faire confiance, mais c'est bien peu pour sauver son bilan.
Dans une ville ou l'urgence des résultats se fait très vite sentir, pas sur que cela suffise à redorer son blason auprès de supporters de plus en plus impatients.
Malgré un projet de jeu alléchant, une nouvelle approche tactique, et des joueurs qui le décrivent comme un coach brillant, il parait difficile de croire encore en le succès de Luis Enrique à Rome.

mardi 24 janvier 2012

Totti et moi, 15 ans deja



C'est l'histoire d'une rencontre qui a eu lieu un peu par hasard.
Rien, a priori, ne me destinait à connaitre si bien Francesco. 
N'étant pas d'origine Italienne, n'ayant jamais visité Rome, n'ayant pas vu de match "marquant" de la Roma dans ma jeunesse -ce type de match qui peut vous faire tomber amoureux d'une équipe en 90 minutes- la probabilité de faire de moi un ardent supporter Giallorosso était faible.

Comme souvent dans ce type de relation, c'est un entremetteur qui a tout provoqué.
Alors que je jouais latéral gauche à mon humble niveau, j'ai flashé sur un petit Guingampais, Vincent Candela, que je me suis mis à suivre assidûment, et que j'ai alors pris en modèle.
Je copiais ses gestes, son style, sa hauteur de chaussettes, ses crampons, et même, avec beaucoup moins de réussite, sa coiffure. Quand, en 1997, il a quitté le village d'irréductibles Bretons pour rejoindre Rome, c'est assez naturellement que je l'ai suivi.



A ce moment là, je commençais à me coucher plus tard, et en plus des matchs de première division de l'époque, j'ai ainsi pu découvrir le football Européen au travers de l'équipe du Dimanche.
J'étais émerveillé devant tous ces grands joueurs que je ne connaissais que de nom, la variété des types de jeu proposés, mais à l'époque, déjà, je restais éveillé avant tout pour la Serie A.
Malheureusement, les grands formats étaient en priorité consacrés au Milan (Desailly oblige), à l'Inter (Djorkaeff, Cauet et Ronaldo) ou à la Juve (Zidane étant arrivé un an plus tôt, rejoignant Deschamps chez la vieille dame).
N'ayant pas les moyens dont nous disposons aujourd'hui, je devais me contenter des courts résumés des matchs de la Roma, ce qui me satisfaisait peu. 
Qui dit résumés courts, dit priorité aux phases offensives, et là, Candela n'était pas le plus présent. C'est alors que mon attention fut attirée par un milieu offensif aux allures de jeune premier, et à partir de ce moment, nous allions devenir inséparables.


Pas encore de question de tactique, ou de positionnement, juste une question de classe et de charisme à ce moment. Je n'étais alors qu'un jeune Fanboy, et pour moi, le joueur qui marquait les buts de mon équipe favorite était mon héros. 
Je ne le connaissais alors pas plus que ça, mais je l'aimais, pas tout à fait comme tous les autres joueurs de l'effectif Romain. Il avait quelque chose de spécial pour moi, que je ne saurai expliquer. Sur le terrain, j'avais été repositionné en second attaquant. Je commençais à baisser mes chaussettes, et je rêvais d'avoir une coupe au bol. J'avais pour ambition d'être capitaine, et je voulais tirer tous les coup-francs en force. Je voulais être le Totti de mon club.


Puis vint ma période "Football Manager", ou la Roma, avec les arrivées de Montella et Batigol notamment, était la meilleure équipe du monde. Je passais des heures sur ce jeu, faisant reposer mon schéma tactique sur un meneur de jeu, et les victoires que Totti m'apportait me le rendaient encore plus sympathique.
Il me permettait d'apporter virtuellement au club que j'aime les titres qu'il mérite. Cela parait inconcevable, mais ça a aussi grandement contribué à faire grandir mon affection pour lui.
Puis, avec l'équipe et les résultats qui montaient, l'équipe du Dimanche commençait à les diffuser de plus en plus souvent en grand format.
J'ai pu découvrir son caractère difficile, sa technique, ses coups de sang, mais surtout, son leadership et sa classe.

L'année 2000 fut pour moi l'une des plus belles, même si durant l'été, je fus habité d'un sentiment mitigé.
J'étais certes ravi de voir la France de Vincent Candela remporter l'Euro, mais dans le même temps, ils s'imposaient de la pire des manières possibles face à Delvecchio, Montella, et Totti. Une partie de moi ne pouvait se réjouir d'un tel résultat. Mais une fois la saison en club débutée, ce sentiment disparut.

La Roma crevait l'écran, avec son système en 3-5-2, ses Brésiliens fantasques, les meilleurs latéraux du Calcio,  mais surtout son trio de feu en attaque. Capello me faisait découvrir l'aspect tactique du football, et Totti rayonnait toujours plus.
Impossible pour moi de ne pas le voir, grandissant dans son costume d'empereur de Rome, leader incontestable de mon équipe, star parmi les stars.
Le titre de champion m'a apporté une joie que je pensais insurpassable, mais j'étais loin de la vérité.
La saison suivante, pour la première fois, j'ai pleuré de joie devant la télévision. Je n'avais pas gagné au loto, ou vu un film très prenant, non, la Roma écrasait la Lazio 5-1, avec un quadruplé de l'aéroplanino, et un lob magique de celui qui, à ce moment précis, allait devenir définitivement mon idole. Un sentiment bien plus fort que pour le titre, car plus ponctuel et plus immédiat, mais surtout une victoire arrachée face à l'ennemi de toujours, celui qui représente tout ce que je déteste, et à qui il faut à chaque fois montrer qui sont les vrais Rois de Rome.


Dans un registre bien moins joyeux, c'est à peu près à cette époque que j'ai découvert les magazines "spécial mercato". Chaque semaine, Foot Transfert et autres Buts annonçaient Totti aux 4 coins de l'Europe, se permettant même d'affirmer que mon Capitaine allait signer à l'OM, un club "de standing supérieur". 
Chaque jour, j'écoutais avec attention toutes les émissions Sport possible à la radio pour entendre la confirmation de son départ.  Rapidement, mon été devenait invivable, on m'annonçait que mon idole, qui jouait dans le club de mon coeur, allait partir, me tromper pour de l'argent et un projet sportif "plus intéressant". 

Il ne pouvait pas me faire ça, pas à moi! 

Candela était parti, vers qui allais-je me tourner pour remplacer Francesco dans mon coeur? J'avais l'esprit plein de doutes, de questions, et de peur, effrayé que j'étais de voir mon idole s'en aller.
Il m'a fallu plusieurs années pour que je comprenne que Totti était Rome, et qu'il était impossible de le voir partir. 

Comme toutes les relations, celle que je partage avec Totti a connu des hauts et des bas. Le plus bas fut l'Euro 2004, ou la séparation était proche. 
Ce fut la première et seule fois que Totti me trahissait. Convaincu qu'il allait mener l'Italie au sommet, leur faire gagner l'Euro, et repartir avec le ballon d'or l'hiver suivant, ma déception fut immense quand il se cracha sur l’innommable, et fut suspendu, m'abandonnant dès le début d'une compétition qui n'attendait que lui. J'avais ce sentiment d'avoir été trompé, abandonné, par celui sur qui je comptais tant. Une partie de moi s'était brisée.


Suite à cette déception, je commençais à me trouver d'autres compagnons de rêve. Mexes, que j'appréciais déjà beaucoup à Auxerre, arrivait à Rome. Et je jouais désormais défenseur central. J'ai réajusté la hauteur de mes chaussettes, et je commençais à décortiquer chacune de ses performances, pour m'en inspirer. Je voulais tacler comme lui, défendre comme lui. Totti n'était plus que mon "n°2", mon premier amour, celui que l'on oublie pas, mais qui n'est plus là.

Mais en 2005, un nouvel acteur allait remettre notre relation sur de bons rails. Comme Candela 8 ans plus tôt, il allait jouer un rôle capital. 
Le peu chevelu Luciano Spalletti allait rependre les rênes de la Roma, et la remettre au niveau ou elle se devait d'être. Pendant quelques années, la Louve allait proposer le meilleur jeu d'Europe, basé sur un mouvement constant, et une fausse pointe à la finition.
Pas besoin de vous préciser qui tenait ce rôle, et qui allait vite redevenir mon favori.
En une saison, tout était oublié. Son impact technique, sa vision du jeu, sa classe hors-du-commun, il m'éblouissait un peu plus à chaque diffusion...J'avais appris à pardonner les coups de sang de Totti, réalisant que c'est aussi par ce type d'évènement que se construit une légende.
Maradona, Zidane, Pelé, tous les plus grands ont leur coté sombre, leur "anecdote" peu recommandable, mais pourtant part entière de leur personnage.
Quand on aime, ce ne doit pas être uniquement pour les bonnes choses, il faut aussi accepter et comprendre les moins bonnes.

En 2006, j'ai à nouveau pleurer devant ma télévision, cette fois-ci lors du match face à Empoli. Les images, en boucle, du pied de Totti planté dans le gazon, quasiment à l'envers, étaient pour moi insoutenables.
Mon idole était blessée, gravement. Allait-il revenir à son niveau? Allait-il à nouveau manquer une compétition internationale? Allait-il abandonner la Roma?

Les questions étaient nombreuses, et à cette période, je me suis mis à acheter la Gazetta Dello Sport pour suivre l'évolution de son état de santé, traduisant les articles à l'aide d'Internet.
Je souffrais avec lui, je le soutenais à distance, même s'il ne le savait pas. J'étais là pour lui, comme il avait été là pour moi. Son retour et sa victoire à la Coupe du Monde 2006 furent pour moi, la plus belle des récompenses. Puis, je suis entré dans la vie active, j'ai pu m'acheter son maillot, le porter dans les situations difficiles pour qu'il soit toujours avec moi. 

En 2008, la séance de penalty face à Arsenal fut un déchirement. Quand ton idole voit son rêve s'envoler et quitte le terrain en pleurs, sous les acclamations des commentateurs partiaux de Canal+, difficile de rester calme. Je me rappelle être parti ce soir là courir sous la pluie en pleine nuit pour évacuer ma frustration. A nouveau, mon idole était blessée, et à nouveau, je ne pouvais rien y faire.

Ce sont justement ces situations qui renforcent l'amour pour un club. C'est dans la douleur qu'il y a le plus besoin d'être supporter. Il est toujours facile de s'afficher aux couleurs du gagnant après coup, mais les émotions sont démultipliées par la durée, et la véritable affection que l'on porte au club de son coeur.

Depuis, Totti a refusé l'argent de Los Angeles pour rester à Rome, prouvant à nouveau si besoin est qu'il nous aime au moins autant que nous l'aimons.
Il défraie toujours la chronique avec ses T-shirts et ses déclarations. Chaque jour un peu plus, il multiplie les raisons de l'apprécier.

Plus récemment, notre relation a évolué. Je suis allé à Rome, sur ses terres, pour comprendre à quel point nous étions nombreux à avoir cette relation avec Totti. En sortant de l'avion, il est sur la première publicité que l'on croise.
Tous les étals des marchands vendent sa figurine, au coté du Pape et du traditionnel gladiateur. Tous les magasins de sport mettent en avant son maillot floqué. Il est partout, tout le temps. Il règne sur Rome, chaque rue ou presque possédant quelque chose nous rappelant sa présence. On sent l'amour que la ville lui porte, et on comprend pourquoi il lui a été impossible de s'en aller.

Sur le terrain, la Roma a retrouvé un coach qui comprend notre empereur, même si leur relation a mal débutée. On retrouve le génie de notre Capitaine, même s'il court moins, va moins vite, et tire moins fort.
Maintenant, Totti encadre les plus jeunes, et chasse les records. Et je suis toujours aussi attentivement ses matchs, et ceux de la Roma. Après 15 ans ensemble, je ne vois pas pourquoi ça changerait.

Pour tout ça, et toutes les choses que j'ai surement oubliées,  Grazie, Capitano.

mardi 29 novembre 2011

Premier Bilan de la saison Romaine



Pour cette saison de transition, la Roma parait pour le moins inconstante. Capable de prestations solides puis de s’effondrer, il est temps, après un tiers du championnat, de réaliser un premier bilan de l’équipe de Luis Enrique.

Sur le plan collectif :
Très brouillon au départ de la saison, notamment en Europa League et lors des 3 premières journées de Serie A, la Roma a eu du mal à s’adapter au système de son nouveau coach. C’est assez compréhensible, puisqu’il ne se repose pas sur un système traditionnel et figé, mais plutôt sur des "rôles" individuels. 

Ainsi, l’équipe débute « sur le papier » en 4-1-2-1-2, mais passe à 3 derrières en phase offensive, avec des latéraux très offensifs, et un milieu défensif qui s’occupe de la relance en venant rechercher le ballon à hauteur de ses défenseurs centraux. Forcément, la transition n’est pas évidente, et il a fallu que tout le monde s’habitue à ses nouvelles missions.
De plus, le système évolue quelque peu depuis que Gago est apte à enchainer les matchs.
La position moyenne des joueurs face à Cagliari, loin des attentes de Luis Enrique
10 journées plus tard, le positionnement est bien plus clair, même s'il reste perfectible

De plus, un tel système implique une grande maitrise et possession du ballon, et donc des joueurs capables de l’utiliser et de le récupérer vite. Seulement, si le système parait fonctionner face aux petites équipes, le déficit physique se fait souvent ressentir face aux plus gros calibres, comme le montrent les résultats face aux ténors de la Série A.
L'autre soucis de ce système est l'inefficacité offensive. Contre Milan, la Roma a frappé 23 fois au but pour ne marquer que 2 fois. Trop peu quand on connait la fébrilité défensive et les possibilités de contre-attaques offertes par ce système de jeu.

Les gros matchs :
Défaite dans le derby, défaite face au Milan, nul face à un Inter très faible, défaite face à Udinese.
C’est dans ces gros matchs que l’on peut jauger le niveau d’une équipe. Et force est de constater que la Roma n’est pas encore au niveau des premiers rôles de la Série A. Dominée face au Milan qui n'a pas eu à forcer son talent pour s'imposer à l'Olimpico (4 tirs cadrés pour 3 buts....), manquant d’expérience face à la Lazio, on sent là toutes les caractéristiques prévisibles et inhérentes au recrutement effectué.
Bojan, José Angel, Kjaer, Borini , Lamela ressemblent beaucoup à des recrutements pour l’avenir, tous ces joueurs ayant moins de 23 ans, et étant assez peu expérimentés. On le sent dans les matchs à pression, ou, quand ils jouent, ils ont tendance à être bien moins performants que lors des « petits » matchs.

Le problème étant que si on ne peut pas battre ces équipes, elles finiront devant nous au classement final, et il sera difficile de jouer une coupe d'Europe l'an prochain. Sans coupe d'Europe, il sera difficile d'améliorer nettement l'effectif, et même de retenir tout le monde. 


Les matchs face aux équipes « abordables »
Si l'on excepte les match des 3 premières journées, la Roma est venue à bout des "petites" équipes qu'elle a rencontré (Novara, Lecce, Atalanta, Parme). Il faudra absolument remporter ces confrontations, puisque pour le moment, dans les confrontations directes avec les meilleurs, la Louve sort chaque fois vaincue.

Ces victoires ont la plupart du temps le même profil: une nette possession du ballon (60% de moyenne sur ces 4 matchs), 8 frappes de plus que l'adversaire à chaque match, mais aussi, aucune expulsion. Fait important, car sur les 5 défaites de la Roma, 2 interviennent directement après des expulsions (Lazio et Cagliari).
Le principal soucis dans ces rencontres vient de la gestion des contre-attaques, ce qui a été mal réalisé face à Cagliari, et corrigé par la suite. La Roma veut faire le jeu et s'en donne les moyens, mais avec une défense aussi haute, il est difficile de ne pas s'exposer.


Face aux équipes "équivalentes"
 En cette saison de reconstruction, la Roma connait un bilan mitigé face aux seconds couteaux. Une victoire face à Palerme, et une défaite au Genoa. Difficile d'en tirer des conclusions, mais force est de constater que la Roma ne sait pas fermer le jeu, et qu'elle perd trop. 
La force d'une grande équipe, à mon sens, est aussi de savoir obtenir le nul lorsque la victoire n'est pas possible.
La Roma se retrouve avec deja 5 défaites, et seuls Parme et les 4 derniers du classement en comptent plus. C'est loin d'être un signe encourageant.



Joueur par Joueur :
Les gardiens :
Stekelenburg présentait à mon sens toutes les garanties d’une réussite. Premier gardien de haut niveau au club depuis Antonioli, experimenté, habitué aux gros matchs, force est de constater qu’il ne répond pas totalement aux attentes placées en lui. Certes, sa défense ne l’aide pas, mais on attend encore son  match référence, celui ou il sauvera l’équipe, un peu comme le derby qui avait fait de Julio Sergio un titulaire indiscutable malgré son niveau.
La difficulté de communication avec la défense n’aide en rien, mais on continue à croire que le successeur de Van Der Sar dans les buts Néérlandais va réussir à démontrer toutes ses qualités à Rome. Ou du moins, on l’espère.
Lobont a rempli son rôle de doublure lors de la blessure de Stek, sans être exceptionnel, mais sans commettre d’erreur dramatique non plus.

La défense :
Dans l’axe, c’est le flou complet. Avec une défense centrale différente à chaque match, impossible de trouver des repères et d’installer une complémentarité. Forcément, ça joue sur l’instabilité et la fébrilité défensive de la Louve depuis le début de la saison.
Burdisso s’imposait come l’indéboulonnable derrière, avec ses qualités de battant, son envie et sa dureté dans les duels, mais sa blessure en selection le rend indisponible pour le reste de la saison, un gros coup dur, surtout que derrière, les autres peinent à élever leur niveau.

Le gros coup dur de ce début de saison

Heinze est le même qu’à l’OM, très combattif, imbattable dans le jeu aérien, mais très lent (ce qui est gênant avec une défense aussi haute), parfois mal placé, et est surtout une solution de rechange plus qu’un titulaire, notamment à cause de sa difficulté à enchainer. Seulement, vu les évènements, il va devoir le faire. Et face à des gros adversaires.
Juan revient de blessure. C’est l’histoire de sa vie. Dès qu’il fait un match de très haut niveau, il se blesse. Puis travaille, progresse pour retrouver son niveau, y arrive, puis se blesse à nouveau. Si on réussit à le faire jouer à son meilleur niveau tout en préservant son physique, on aura fait un grand pas vers une stabilisation de la défense.
Kjaer était présenté comme le remplaçant de Mexes. J’en attendais donc beaucoup. Impressionné par ce que j’avais vu de lui avec le Danemark, je pensais que l’on tenait la perle rare. Jeune, bon, et deja habitué à la Serie A (il a deja évolué à Palerme avant de rejoindre Wolfsburg l’an passé). Seulement, il souffre du même problème que de gros potentiels en défense centrale : son inexpérience lui fait parfois faire des erreurs stupide (son exclusion face à la Lazio, sa mi-temps face à Parme…) et il connaît parfois un excès d’engagement. Le potentiel est là, mais il lui faudra du temps.
Reste à voir vers qui le club se tournera pour remplacer Burdisso. Cela donnera une indication des plans de Luis Enrique. Si l’on prend Savic en prêt, on sait que le quatuor en place a les faveurs du coach, si Silvestre arrive, on saura que ce sera un titulaire en puissance qui débarque.

Dans les couloirs, un seul joueur a, à mon sens, montré un véritable avenir, c’est José Angel. Loin d’être au niveau de Candela, à qui certains le comparent, il montre tout de même de belles choses, même si son replacement reste parfois assez aléatoire. Son apport offensif est plutôt bon, mais il n’a probablement pas encore le coffre pour exceller dans ce système. Tout comme Kjaer, son manque d’expérience lui fait parfois faire des choses stupides, ou sombrer sous la pression (comme face au Milan, ou il a été très décevant).
Se faire exclure pour une faute dans la surface adverse, ce n'est pas très malin

Si les autres ne m’ont pas convaincus, c’est aussi à cause de leur forte rotation. Quoi qu’en dise Luis Enrique, ni Taddei ni Perrotta ne sont des habitués de ce poste, et bien qu’ils aient réalisés des performances assez solides parfois, ils ne sont à mon sens que des solutions de remplacement, et aucunement des possibilités viables sur le long terme.
Le jeune Rosi commençait lui à me convaincre, avant sa blessure bête face à la Lazio (il se blesse en taclant trop durement son adversaire…). Les latéraux restent donc, eux aussi, une interrogation. Cela contribue à l’instabilité défensive, et surtout, n’aide pas Luis Enrique à installer définitivement son système, ou les latéraux sont une des clés de l’animation. Dommage que Cicinho soit définitivement cramé, que Cassetti soit en fin de course, et que Négo ne soit pas encore prêt, cela aurait pu faciliter le travail du coach.


Au milieu :
Daniele De Rossi est actuellement en train de renégocier son contrat, et cela se voit. Après 2 saisons très loin de ce que l’on est en droit d’attendre de lui, il réapparait cette saison, que ce soit dans le rôle de premier relanceur, ou dernièrement dans le celui de milieu axial. Fantastique dans le jeu aérien, très bon dans la relance, dur sur l’homme, on le retrouve enfin. Seulement, va-t-il se relâcher une fois son contrat signé ? Difficile à prévoir, mais il est sur que sans un De Rossi à son meilleur niveau, cette Roma n’y arrivera pas.

Gago confirme le bien que je pensais de lui. Sorte de Juan Argentin en ce qui concerne les blessures, il a un potentiel énorme, mais tarde à confirmer à cause de ses nombreuses blessures. Ces derniers temps, il réussit à enchainer, et prend le rôle de De Rossi en premier relanceur, ou il réussit de belles choses.

Pjanic est pour l’instant LA satisfaction de la saison. Très sceptique au départ, j’ai vite été convaincu par l’ancien Lyonnais, qui enchaine les belles performances avec régularité, et s’est découvert un coté décisif. 


Reste qu’il va devoir apprendre à maitriser ses nerfs, maintenant que son nouveau statut l’expose au marquage plus serré et aux coups plus fréquents des défenses adverses.

Pizzarro semble branché sur courant alternatif. Avec un système qui devrait pourtant lui convenir à merveille, on a du mal à voir le Chilien s’imposer, la faute aux blessures, et à un manque de régularité. C’est dommage parce qu’avec plus de libertés offensives, et plus de ballons, il devrait éclairer le jeu comme il sait le faire.

Simplicio et Perrotta ne sont que des solutions de rechange à ces postes, même s’ils ne déméritent pas lors de leurs titularisations. Greco, lui, est comme un joueur de Fifa quand tu joues online avec une mauvaise connexion. Il te parait génial au départ, puis il lag, et semble toujours avoir 2 secondes de retard pour effectuer le geste qu’il fallait. Dommage.

Devant, après des essais, des tentatives et des compositions variées, on a enfin trouvé notre duo. Osvaldo est devenu notre buteur attitré, réalisant des performances solides après un début très difficile ou il ne savait pas se placer, ni être trouvé par ses équipiers. Tout semblait bien parti pour lui jusque sa réaction stupide après le match face à Udine, qui le prive des 10 prochains jours avec la Roma, mais aussi très probablement de l’Euro. Espérons que ça l’aidera à ne pas reproduire ce genre de Balotellisme.


Son pendant devrait être Bojan, le jeune Espagnol retrouvant l’allant qu’il avait montré en préparation. On peut mettre son passage à vide sur la préparation, traditionnellement plus dure qu’en Espagne, il ne reste maintenant qu’à régler ses soucis d’efficacité. Il se créé les occasions, mais ne les met pas au fond, ce qu’il va falloir faire s’il veut passer un palier. Reste que sa participation au jeu et sa complémentarité avec Osvaldo vont en grandissant, et que s’il continue sur ce chemin, il sera indiscutable.

Borini et Boriello ont eu peu de chance de se mettre en évidence, et n’ont pas été exceptionnels lorsqu’ils ont eu leurs chances. On sent que Boriello n’entre pas du tout dans les plans du club, ce qui ne me dérange pas, mais s’il part, comme c’est probable, au mercato d’hiver, il va nous manquer un remplaçant de haut niveau indispensable d’une part pour conserver les titulaires sous pression, mais aussi d’autre part pour nous offrir une palette tactique plus développée.
Lamela, dans un rôle plus bas de meneur organisateur, a montré un certain potentiel, une belle capacité de dribble, mais doit avant tout apprendre à jouer avec les autres. Certes, il a beaucoup de talent et ça se voit, mais la différence ne se fait pas tout seul, en tout cas pas dans la durée. Il va falloir qu’il le comprenne et qu’il l’exécute, mais encore une fois, il a le temps. Sauf si le Khal Drogo Romain le décapite la prochaine fois qu’il ne lui donnera pas le ballon.

Totti est encore et toujours indispensable. Dans son rôle de meneur, il organise, éclaire le jeu, attire la défense, et libère des espaces pour les autres. Cependant, on peut remarquer qu'il n'a pas encore marqué, ni délivré de passe décisive. On peut donc attendre encore plus de notre Capitaine, si son hygiène de vie lui permet de conserver la forme et d'éviter les blessures.

Luis Enrique, lui, a gagné ma patience. Très sceptique au départ, il a réussi à me convaincre de lui laisser le bénéfice du doute. Il semble tactiquement au point pour la Serie A, mais parfois un peu novice, et très surprenant aussi. Une seule chose pour moi est incompréhensible : la rotation en défense centrale, qui est pour moi le pilier de l’équipe. Une fois la défense choisie, on s’y tient, et on ne la change qu’en cas de force majeure. L’Espagnol n’a pas la même vision que moi sur ce point, et c’est mon seul reproche à son égard. Espérons que la situation se corrigera rapidement, parce qu’un enchainement de mauvais résultats pourrait, à mon sens, signer la fin de son bail au mercato d’Hiver.


dimanche 30 octobre 2011

Une Roma encore en construction

On le sait, à Rome, les 2 matchs les plus importants de l'année sont ceux face à la Lazio. 
Gagner ce match aurait pu offrir du temps et de la tranquillité à Luis Enrique. Au contraire, cette défaite a mis en relief les soucis de la Louve, qui se sont en plus répétés les semaines suivantes.

L'inexpérience de la défense
Face à la Lazio, c'est Kjaer qui fait bêtement basculer le match en retenant naïvement Brocchi, provoquant ainsi le penalty et son exclusion. 
Mais sur cette action, Cassetti a montré les limites du système, puisqu'on ne peut pas demander aux latéraux d'apporter offensivement et d'être présent derrière en même temps. Cassetti pas encore replacé, un défenseur central surpris par un joueur qui n'est pas "le sien", et la faille est ouverte dans la défense Romaine.
Plusieurs fois dans ces 4 derniers matchs, le jeune Angel a, de la même manière, laissé son couloir totalement ouvert aux attaquants adverses, provoquant un déséquilibre total, puisqu'il n'y a pas de couverture du milieu.

Il est assez clair que cette défense est encore en réglage, et que quelque chose ne va pas. D'une part, il me parait difficile d'instaurer la confiance et les automatismes en changeant la composition à tous les matchs (Kjaer/Heinze face à la Lazio, Burdisson/Juan face à Palerme, Heinze/Burdisso face au Genoa, et Juan/Burdisso hier soir face au Milan), et, d'autre part, on remarque que des erreurs individuelles coutent souvent des buts, et surtout, nos adversaires sont souvent très efficaces: Milan a marqué 3 buts en cadrant 4 tirs sur le match, la Lazio n'avait cadré que 4 fois, et le Genoa 5. 
Il y a donc un manque d'efficacité défensive qui doit se corriger, et vite, sinon les désillusions vont s'accumuler.

Les stats de Roma-Milan, 4 tirs cadrés, 3 buts pour les Rouge et Noir.

Le manque de communication du à la barrière de la langue avec Steekelenburg n'est pas forcément étranger à cette situation, tout comme le manque de régularité dans les performances individuelles (Heinze, impérial face à la Lazio, est ensuite bien moins à son aise face au Genoa par exemple).
L'exemple de Kjaer est frappant également: Irréprochable en sélection face au Portugal, il revient par une exclusion face à la Lazio, 3 semaines après avoir été totalement dépassé par Giovinco à Parme.
Il faut donc que Luis Enrique fixe ses titulaires, et leur permette de travailler ensemble, pour trouver les automatismes, les rôles de chacun, et ainsi régler les problèmes.

Les points de confiance:
Toutefois, malgré 3 défaites en 4 matchs, certains joueurs confirment et s'imposent, notamment Pjanic, Osvaldo, Pizzarro et dans une moindre mesure Gago. D'autres, commencent à se montrer, comme Lamela et Bojan, plus proche du niveau qu'il avait en préparation. N'oublions pas que nous avons une équipe jeune, ou beaucoup de joueurs arrivent seulement, et que tout ne vas pas fonctionner du jour au lendemain.

En comparaison avec Milan hier soir par exemple, on peut remarque que les Milanais n'ont que peu changé de système, et que toutes leurs recrues s'intègrent parfaitement à des places qu'ils connaissent, remplaçant poste pour poste les "anciens" comme Seedorf ou Ambrosini.
Les joueurs recrutés sont souvent des joueurs confirmés (Mexes, Nocerino, Aquilani...), tandis que la Roma a opté pour un recrutement jeune et donc moins expérimenté.
A Rome, en plus des latéraux qui doivent trouver l'équilibre entre contribution offensive et replacement, on a De Rossi qui joue bien plus bas, Gago qui a peu joué au Real, Bojan habitué au 4-3-3 Barcelonais, Pjanic qui évoluait aussi dans un 4-3-3 à Lyon, et qui ont besoin de temps pour assimiler parfaitement le 3-4-1-2 de Luis Enrique.


Le positionnement moyen des Romains face au Milan (attention, les remplaçants apparaissent également)

Tout cela est normal, malheureusement,  et ce qu'il faut retenir, à mon sens, c'est l'amélioration dans le jeu. Quand on compare les matchs du mois dernier avec la prestation face au Slovan ou à Cagliari, on sent une évolution nette.
Certes, les résultats tardent à venir, mais en changeant tout maintenant, on risque plus de créer le trouble chez les joueurs, alors qu'avec du temps, il me parait clair que Luis Enrique peut faire de cette équipe une équipe joueuse, et bien plus efficace qu'elle ne l'est actuellement.

Il ne faut pas oublier non plus les absences. Outre les suspensions, Juan qui revient tout juste, on jouait également sans Rosi et Totti. Le premier, bien en dessous les années précédentes, montrait des signes d'amélioration nette, et semblait s'installer dans le couloir droit de la Louve. L'influence et l'importance du second, je pense qu'il est inutile de revenir dessus.


Un pari sur l'avenir

N'oublions pas non plus que l'age moyen de l'effectif est aussi un trompe l'oeil, puisqu'il est de 25 ans, mais qu'entre les trentenaires "historiques" (Totti, Perrotta, Pizzarro...) et les nouvelles recrues d'à peine une vingtaine d'année (Lamela, Bojan, Pjanic...), peu de joueurs se situent dans la phase la plus "pleine" de leur carrière.
C'est aussi cette jeunesse qui explique les difficultés rencontrées face à de plus grandes équipes, ou sous la pression (on oublie ici le match face à l'Inter, qui était encore plus mal en point). Angel paraissait tétanisé face à la Lazio, hier, face au Milan, il a fallu beaucoup de temps pour bien entrer dans le match.... Beaucoup de choses qui permettent d'affirmer que nous ne sommes qu'à la première étape d'une reconstruction qui ne se fera pas en une semaine.
Il va falloir notamment gérer l'après-Totti, l'intégration de Lamela, fixer Pjanic à un poste, faire "grandir" Angel et Kjaer et leurs soucis de cartons bêtes, régler le cas Bojan et ses conditions de transfert étranges, et surtout, réussir à obtenir des résultats corrects dans le même temps. Une mission qui n'a rien d'évident.

Nul doute que les deux prochaines rencontres face à Novara et Lecce doivent servir à accumuler des points avant 4 matchs de haut calibres, en déplacement à Udine, puis à la Fiorentina, la réception de la Juve avant de se déplacer à Naples.

mardi 11 octobre 2011

Luis Enrique est-il en train de gagner son pari à Rome?

Parti sur des bases pour le moins inquiétantes (Elimination en Europa Ligue, défaite face à Cagliari, nul face à un désastreux Inter de Milan, puis face à Sienne...), on promettait à Luis Enrique un retour rapide en Espagne.
Seulement, les prestations Romaines s'améliorent, et les victoires s'enchainent, si bien que la Roma est revenue à 3 points des leaders de Serie A.
Pour autant, peut-on dire que Luis Enrique a (déjà) gagné son pari et qu'il a réussi à imposer son système?


Les réussites:


Le recrutement
Très important cet été, le recrutement laissait au départ assez sceptique. Bojan était invisible en match officiel malgré une très bonne pré-saison, Kjaer est arrivé sur le tard, Angel exclu dès le premier match, Lamela encore et toujours blessé et Osvaldo plutot brouillon au départ, seul Stekelenburg, et dans une moindre mesure Heinze et Pjanic semblaient avoir réussi une intégration rapide à Rome.


Seulement, juger hativement le niveau d'un joueur qui vient de changer de club est rarement une bonne idée. La preuve notamment avec Osvaldo, qui après des débuts hésitants, commence à s'imposer comme le goléador de l'équipe, marquant un but à chacune des 3 dernières sorties de la Louve.
Plus percutant, mieux servi par ses équipiers également, le nouvel international Italein a fait taire les sifflets qui commençaient à accompagner ses prises de balle (face à Sienne notamment), et montre toutes ses qualités.
Prandelli a appelé Osvaldo en selection cette semaine


Seulement, dans un sens ou dans l'autre, juger un joueur aussi rapidement serait une erreur, et le transformer en nouveau Batistuta serait (très) hatif. 
Laissons lui le temps de confirmer, mais il est en tout cas intérressant de constater ses capacités à un poste qui cherche son titulaire depuis de nombreuses années maintenant.


Les autres recrues suivront-elles le même chemin? Dur à dire pour Bojan, mais son but face à Bergame pourrait  lui donner la confiance indispensable à sa réussite. 
Kjaer, lui,  a montré ses difficultés à défendre sur des joueurs plus petits et vifs que lui face à Parme, étant sorti à la mi-temps après avoir été mis en difficulté par Givonco notamment. Pour autant, son jeu aérien et sa relance sont des qualités qui le rendent presque indispensable au système Romain.
Angel, lui, a convaincu son monde, et son erreur de jeunesse est deja oubliée. Très actif dans son couloir gauche, aussi bien offensivement que défensivement, il est devenu le chouchou des supporters.
On attend donc Lamela pour faire un bilan plus complet, mais on peut dire que, dans l'ensemble, le recrutement est plutot réussi.




L'adhésion du groupe
Après la crise avec Totti, on s'attendait à voir le vestiaire Romain exploser, rendant la mission de Luis Enrique impossible. Seulement, c'est le contraire qui s'est passé.
On ne compte plus les témoignages de solidarité entre coéquipiers, que ce soit sur ou en dehors du terrain.


Cela se remarque aussi dans les performances des joueurs, que ce soit Perrotta et Taddei dans les couloirs à des postes beaucoup plus défensifs que ceux auxquels ils évoluent habituellement, ou encore Daniele De Rossi, très performant dans son role de milieu de terrain/Troisième défenseur central/Relanceur de l'équipe.


Là aussi, c'est un pari que Luis Enrique a gagné. Il a réussi à faire accepter aux joueurs son système peu orthodoxe (entre le 3-4-3, le 4-4-2 et le 5-4-1 selon les pahses de jeu), là ou beaucoup pensaient que cela serait impossible.


Sa volonté de jouer, de conserver le ballon, et de produire du jeu aussi bien à domicile qu'à l'éxterieur a connu son premier match référence face à l'Atalanta, ou les Romains ont mis en place une domination sans partage, réalisant 24 tirs durant la partie, avant de se retrancher pour défendre efficacement leur avantage, pliant définitivement le match grace à un but de Simplicio..


Surtout, on peut remarquer qu'à chaque sortie, le jeu est un peu plus fluide, les replacements et couvertures semblent se faire plus naturellement, et la Roma ressemble de plus en plus à un concurrent sérieux en Serie A.




Les points d'interrogation


La vie sans Totti
Dans le système Romain, le Capitaine joue un rôle prépondérant d'organisateur, animateur et passeur indispensable. Seulement, comment faire en son absence? Alors que le derby se profile et que Totti semble indisponible, comment la Roma pourra-t-elle le remplacer?


Tout d'abord, il me parait impensable d'envisager un changement de système. Il faut plutot chercher dans les joueurs qui pourraient remplir ce rôle. Luis Enrique, deja interrogé sur la question, avait évoqué les noms de Bojan, Pjanic, Verre, et Lamela.
Si l'Espagnol semble revenir en confiance, lui donner les clés du jeu dès maintenant pour un match si important risquerait de l'écraser sous la pression. Cela me semble donc peu probable.
Pjanic s'étant installé dans le trident du milieu, le changer de poste doublerait les soucis, à mon sens, puisqu'il faudrait retravailler la complémentarité du milieu tout en ésperant que le Bosnien remplace efficacement Totti.
Restent les inconnues Verre et Lamela. Le premier est membre de la Primavera et me semble bien tendre pour un tel rôle, même si Luis Enrique est connu pour lancer des jeunes très régulièrement. L'Argentin, lui, n'a pas disputé une seule minute en Serie A, et son talent n'a été vu pour le moment que sur Youtube. Là aussi, ce la ressemblerait à un pari.
Reste à voir quelle sera l'option proposée par Luis Enrique, qui joue aussi une partie de sa crédibilité ici, puisque si son système ne fonctionne pas sans Totti, la presse Romaine se fera un plaisir de le faire remarquer.


Les etats d'âmes des remplaçants
Certes, Luis Enrique effectue un roulement régulier entre ses joueurs, mais certains voeint tout de même beaucoup moins souvent le terrain que d'autres. L'élimination en Europa League réduisant drastiquement le nombre de matchs, des joueurs comme Taddei, Cassetti, ou encore Borriello risquent de passer le plus clair de leur temps sur le banc.
Vont-ils accepter cela? Rien n'est moins sur.
Le coach Espagnol va devoir gérer les égos des anciens indéboulonnables, tout en faisant accepter à tous le roulement perpetuel qu'il met en place.
Dans le milieu professionnel de nos jours, c'est une mission très périlleuse, qu'il faudra réussir pour conserver l'adhésion du groupe.




A quelques jours du premier Derby de la saison, Luis Enrique semble sur la bonne voie pour gagner du temps pour travailler et installer son système.
Seulement, on le sait, à Rome, le derby conditionne très souvent la saison, que ce soit dans l'approche des supporters ou celle de la presse.
On attend donc de la Louve son premier vrai match référence, face à un adversaire en forme également.


On en saura deja plus sur l'avancée du projet Luis Enrique Dimanche soir, après le match.





vendredi 23 septembre 2011

AS Rome – Sienne : Le débrief



Ce Jeudi, la Roma recevait Sienne pour le compte de la 4ème journée de Serie A. Après un départ poussif, un seul point et un seul but marqué, la Roma se voyait offrir une belle occasion de lancer sa saison en recevant une équipe qui n’a pas encore été capable d’inscrire le moindre but cette année. L’an passé, il avait fallu attendre le 7ème match officiel pour que la Louve remporte son premier succès, sera-ce plus rapide cette année ?


Pour le match « central » de la série de 3 rencontres en 8 jours, Luis Enrique n’avait apporté que peu de modifications dans son 11 de départ :



Angel retrouve sa place dans le couloir gauche, et Borriello connaît sa première titularisation. A signaler qu’au départ du match, il occupe le couloir gauche, tandis qu’Osvaldo se place sur le coté droit de l’attaque. Ce nouveau changement dans la ligne d’attaque montre à quel point Luis Enrique manque de repères à ce niveau : le duo d’attaquant n’a jamais été reconduit d’un match sur l’autre cette saison.
Un problème d’autant plus important qu’aucun des attaquants n’a pour l’instant trouvé le fond des filets.


Osvaldo : L’exemple type de l’attaquant en manque de confiance
Recruté cet été en provenance de l’Espanyol de Barcelone, Osvaldo était attendu comme le finisseur de cette équipe. En ce début de saison, ses prestations sont plutôt décevantes.
Positionné sur le flanc gauche, il a du mal à s’adapter au système de jeu. Trop loin du but (à mon gout), il se retrouve souvent dans des positions qui ne sont pas les plus adaptées pour mettre en avant ses qualités. Brouillon dans ses prises de balle, incapable de faire les appels de balle dans de bonnes conditions, il se retrouve déjà sifflé par l’Olimpico. Seulement, il est plus le syndrome du mal Romain que sa cause. Pour le moment, l’équipe a du mal à enchainer dans les 30 derniers mètres, servant très souvent les attaquants dans des conditions peu propices à créer le danger. Ils se retrouvent donc dans des situations difficiles, expliquant le manque de finition devant. Plus que le manque de qualité, c’est le manque d’opportunités qui est à souligner sur ce plan.




Une première mi-temps maitrisée
La première mi-temps a vu une domination stérile de la Roma, qui a, à nouveau, gardé le ballon sans véritablement créer le danger. La raison est simple : dans les 30 derniers mètres, aucune différence individuelle n’est faite. Il n’ya pas pas le bon appel de balle, la bonne passe ou le bon dribble qui déstabiliserait le bloc adverse. Dans ces conditions, dur de se montrer dangereux autrement que sur des frappes de loin.
A la 25ème minute, le jeune Angel réussit son premier dribble coté gauche, centre pour un Borriello qui devance son adversaire à l’envie avant de centrer fort au second poteau ou Osvaldo conclut le mouvement.
Seule étincelle dans une première mi-temps morne, on sent que la Roma s’essouffle physiquement, comme Luis Enrique l’avait annoncé, et comme il était logique de le prévoir.
Au niveau défensif, signalons que la ligne arrière a réussi à provoquer de nombreux hors-jeu, chose assez inédite cette saison, preuve de l’arrivée d’automatismes entre Kjaer et Burdisso. Un point de satisfaction donc, mais une bien faible consolation face à une équipe dont les prestations ne s’améliorent pas clairement.



Malgré un très net avantage dans la possession de balle, au final, Sienne aura autant frappé au But que la Roma. 

A ne pas chercher la profondeur, on joue dans le rond central
La seconde mi-temps repart sur les mêmes bases, une possession Romaine (69% de possession au final, voir les stats ci-dessus), mais pas de danger. Pourtant, Sienne positionne son bloc beaucoup plus haut, mais  à aucun moment, la Roma n’a cherché la profondeur. Certes, ce n’est pas dans les préceptes de Luis Enrique, mais si Sienne remonte pour limiter les espaces et gêner la circulation Romaine, il me semble que c’est en jouant dans leur dos qu’on les fera redescendre. Evidemment, là aussi, le « format » des attaquants alignés joue un rôle : comment prendre l’espace avec Osvaldo ou Borriello, pas réputés pour leur vitesse ou leur sens du démarquage.

Après l’heure de jeu, la Roma baisse clairement le pied. Signalons qu’à la mi-temps, Pizarro a laissé sa place à Gago. Un changement qui aura son importance, puisqu’après l’entrée de Borini à la place de Borriello (alors qu’Osvaldo enchainait les mauvais choix), et la blessure de Perrotta forçant l’entrée de Cicinho, on se retrouve « obligés » de faire finir le match à Totti, alors que l’on sait que le Capitaine ne peut pas enchainer 2 fois 90 minutes en 3 jours. Résultat, il disparaît du jeu, et les attaquants ne sont quasiment plus servis. Une gestion de l’effectif qui me parait très surprenante, surtout qu’il paraissait évident qu’IL Capitano ne pourrait pas finir le match.

Sienne se porte beaucoup plus vers l’avant, alors que la Roma recule peu à peu, laissant Kjaer sauver l’équipe d’une manière peu académique sur un centre au second poteau, situation sur laquelle je reviendrais par la suite.
A force de pousser, Sienne se crée des occasions. La Roma également, mais son manque de vitesse permet à Sienne de se replacer sans trop de soucis. Les blancs et noir finissent par égaliser en fin de match, comme d’habitude, suite à un festival dans l’axe, et une reprise dans le but vide.
Un but en fin de match qui confirme mes inquiétudes sur le niveau physique de l’équipe, habituée à concéder des buts dans les dernières minutes des matchs.
Ce but, que l’on sentait venir, montre que la Roma est encore très fragile, mais surtout qu’il existe des schémas évidents pour déstabiliser tout le bloc très facilement.



Se procurer une occasion face à la Roma en deux leçons

Le système de Luis Enrique est ambitieux et prometteur, mais il laisse des trous béants dans le secteur défensif, trous qui se retrouvent très souvent exploités que ce soit en contre-attaque, ou en attaque placée, dès qu’un joueur Romain est en retard sur son replacement défensif.

Le centre au second poteau coté gauche:
Sur chaque attaque sur le coté droit de la Roma, les équipes adverses ont tout intérêt à chercher le second poteau, Angel étant systématiquement trop écarté sur son replacement défensif. Ce schéma a été utilisé polusieurs fois ce soir par Sienne, et si Kjaer, De Rossi et Burdisso n’avait pas gagnés plus de duels aériens, la Roma aurait sans nul doute encaissé plus de but.

Placement moyen de la Roma sur les attaques coté droit


Pour la Roma, le meilleur moyen d’éviter ces situations est de faire jouer le gardien légèrement plus haut, facilitant les interceptions des centres, et bien sur en travaillant le replacement du jeune latéral Espagnol, par ailleurs très bon.




Le jeu entre l’arrière central et le latéral
Trou évident dans ce système à 3 centraux, l’espace entre les latéraux et les centraux sont le principal point faible du bloc Romain, surtout sur les contre-attaques rapides. Ce danger est plus dur à éviter, puisque la philosophie de Luis Enrique impose aux latéraux d’amener le danger devant.
Reste qu’un replacement des latéraux en couverture du central qui couvre le départ de l’attaquant est indispensable pour limiter au maximum les possibilités de transmission du ballon par la suite.



Les notes du match :
Lobont, titularisé en l’absence de Stekelenburg, a fait ce qu’il a pu, mais a été très long à se relever sur le but encaissé. 5,5/10.
Perrotta a fait son travail, sans fioritures, mais apporte encore peu offensivement. Un match sans relief. 5,5/10. Remplacé par Cicinho, assez peu à son aise. 5,5/10.
Kjaer a sauvé la Roma a plusieurs reprises, et a été primordial plusieurs fois, tant par son placement que par ses interventions à point nommé. 7/10.
Burdisso, lui, continue sur sa lancée de matchs sérieux, sans exceller, mais sans jamais être dépassé. 6/10.
Angel reste une grande satisfaction de ce début de saison. Certes, il a des lacunes défensives, mais il se bat, et est très important dans le système de jeu, au niveau de la construction comme au niveau des offensives Romaines. 7/10.
De Rossi a semblé plus emprunté, et a été moins visible à la construction. Reste qu’il a encore livré une prestation sérieuse. 6/10.
Au milieu, on a cru pendant les premières minutes que Pjanic allait enfin lancer sa saison. Sauf qu’il a peu à peu disparu, ne se montrant que par éclairs, notamment en fin de match. 6/10.
Pizarro a été plus discret qu’à San Siro, mais de là à sortir dès la mi-temps ? Probablement pas. 5,5/10. Remplacé par Gago, qui a eu bien plus de temps pour se montrer, et il est clair que l’Argentin a encore de beaux restes. 6/10.
Totti a été excellent durant une heure, avant de disparaître totalement, comme prévu. 6,5/10.
Devant, Osvaldo a enchainé les mauvais choix, entre contrôles manqués, appels à contre-temps et fautes bêtes, son but lui permet de sauver les apparences. Pas plus. 5/10.
Borriello a fait du Borriello. Combattif, motivé et disponible, il amène le premier but, et a provoqué quelques belles situations pour la Roma. 6,5/10. Remplacé par Borini, qui a apporté son énergie, mais a été très brouillon. 5,5/10.
Luis Enrique a eu des choix surprenants ce soir, notamment le match complet de Totti ou la sortie très rapide de Pizarro. La nouvelle titularisation d’Osvaldo me laisse aussi perplexe, mais probablement que Bojan n’est pas au sommet de sa confiance. Dur de faire porter le chapeau au coach Catalan. 6/10.


Il va cependant falloir procéder à des changements pour le déplacement à Parme, Totti ne pourra pas être aligné tant il sera juste physiquement, tandis que Perrotta, sorti blessé, devra laisser sa place, très probablement à Cicinho.
Au milieu, Gago devrait à mon sens connaître sa première titularisation mais à la place de qui ? Il remplace systématiquement Pizarro, mais il faudra faire souffler Pjanic à un moment ou à un autre. Peut être une possibilité de voir Lamela pour la première fois ?
On espère que cela se passera mieux, surtout que Parme est en difficulté, mais le mot clé en cette début de saison est clair : patience.
Je vous donne rendez-vous Samedi pour l’avant-match face à Parme, confrontation qui aura lieu Dimanche.